Liliane Garnier

 
Salle Pleyel, Paris
Liliane Garnier est née à Dijon, France, le 13 septembre 1932.

Dès son jeune âge, après avoir remporté un Premier Prix au Conservatoire de Musique de sa ville natale, Liliane Garnier est acceptée au Conservatoire National Supérieur de Paris, où, en 1953, elle se mérite un brillant Premier Prix de violon ainsi que le Prix d’Honneur, dans la classe de maître Gabriel Bouillon.

Parallèlement, toujours au Conservatoire National Supérieur de Paris, Liliane Garnier obtient la plus haute récompense de Musique de Chambre dans la classe de maître Maurice Hewitt, et le Diplôme de Pédagogie Supérieure (violon) dans la classe de la pédagogue Marie-Louise Ricros.

La même année, le Grand Prix des Jeunesses Musicales de France lui est décerné à l’unanimité.

Dès lors, débute pour cette jeune artiste, une importante carrière de soliste. Les tournées s’enchaînent : France, Espagne, Portugal, Amérique du Sud, Afrique du Nord, Egypte, Belgique, Allemagne, Hollande, Iles Canaries, Etats-Unis, Canada… Les succès remportés lui valent de nombreux engagements comme soliste invitée des orchestres de Paris, Alger, Dijon, Ténériffe aux Iles Canaries…

Extrait d’une allocution de Claude Delvincourt

19 décembre 1953

Établie au Canada depuis 1961, à la suite d’une importante tournée dans ce pays, Liliane Garnier  continue d’y faire briller ses immenses qualités de violoniste. Ainsi, outre ses nombreux enregistrements pour le Club National du Disque de France, Liliane Garnier a enregistré un superbe long jeu RCA Victor, qui lui a valu le Grand Prix du Disque Canadien 1962. Elle est aussi l’invitée de plusieurs orchestres canadiens : Orchestre de Chambre McGill de Montréal, Orchestre de Radio-Canada, Orchestre des Concerts Couperin à Québec, Orchestre Symphonique de Québec, Orchestre de Chambre Pierre Morin - Les Saisons de Vivaldi avec Liliane Garnier «qui connaît si bien la partie de soliste qu’elle pourrait la jouer à l’envers...» (extrait humoristique de Marc Samson,  critique musical au journal Le Soleil de Québec).
Partout on lui accorde les plus élogieuses critiques, résumées dans les extraits de presse qui suivent :

«...Liliane Garnier, violoniste, a grande allure, et se joue des difficultés avec la plus parfaite simplicité. Félicitons-la d’avoir associé à son succès celui de son remarquable  accompagnateur, Tasso Janopoulo.»

Jean Lemaire, professeur d’harmonie au Conservatoire National de Musique de Paris, le 9 juillet 1953


Liliane Garnier avec le pianiste Tasso Janopoulo au Palais de Chaillot à Paris… «à part Enesco, un certain soir, il y a longtemps, je n’ai jamais entendu personne mettre autant de musique dans «Tzigane», l’œuvre de Ravel où le compositeur en avait mis le moins.»

Marc Pincherle, «Les Nouvelles Littéraires», Paris, le 9 juillet 1953


«Liliane Garnier possède toutes les qualités d’une violoniste de calibre international, et elle les possède à un très haut point : une technique formidable, un jeu très musical, une vraie sonorité de violon, pleine, riche et variée, et une aisance étonnante dans des styles très différents. Sous bien des .aspects, Liliane Garnier nous rappelle Ginette Neveu.»

Claude Gingras, La Presse, Montréal, Qc, Canada, le 15 décembre 1962


«No one could have objected to the reappearance of «the Seasons» on last night’s program, particulary when the soloist was the gifted young violonist Liliane Garnier.»

Eric McClean,The Montreal Star, Montreal, Qc, Canada, le 31 octobre 1963


En 1963, Liliane Garnier est invitée comme professeur titulaire d’une classe de
violon au Conservatoire de Musique du Québec, poste qu’elle occupera pendant près de quarante ans. (1963-2003). Elle enseigne d’abord au Conservatoire de Trois-Rivières (1963-1967), puis, messieurs Victor Bouchard, directeur général des Conservatoires du Québec et Raoul Jobin, directeur du Conservatoire de Québec lui proposent un mi-temps au Conservatoire de Chicoutimi (1967-1969) et un mi-temps au Conservatoire de Québec, ce  qu’elle accepte. De 1969 à 2003, Liliane Garnier est à temps complet au Conservatoire de Musique de Québec où elle a formé plusieurs «Premier Prix» qui  jouent des rôles musicaux aussi représentatifs que : soliste, chambriste, professeur, Concert Master et  premier violon de grands orchestres canadiens et américains, chef d’orchestre, compositeur, etc.
En 1965/1966, les Jeunesses Musicales du Canada (JMC) l’engagent pour une formidable tournée de 80 concerts à travers le Québec, avec la pianiste Anna-Marie Globenski.  C’est lors de cette tournée que Liliane Garnier découvre pour la première fois l’œuvre du maître Paul Kaul, suite au prêt, par un mécène de Trois-Rivières, du violon le Molique ayant appartenu au réputé Arthur LeBlanc.

Les 22 et 23 août 1967, elle est invitée par Gilles Lefebvre, directeur artistique du Festival mondial d’Expo 67, à jouer, au Pavillon du Canada, deux concerts différents avec Jean Laurendeau, clarinette et ondes Martenot et Louis-Philippe Pelletier, pianiste.

Membre de l’Orchestre Symphonique de Québec de 1967 à 1993, Liliane Garnier y tient le rôle de Concert Master de 1983 à 1986, sous le mandat du regretté Noël Vallerand à la direction générale.

« Pendant que les femmes sont encore exclues des orchestres européens majeurs, elles prennent ici la place qui leur revient. Le meilleur exemple vient de l’Orchestre Symphonique de Québec où, depuis juillet 1983, une femme, Liliane Garnier est la musicienne la plus importante, le violon solo… La seule au Canada.. » Normand Delisle de la Presse Canadienne, 5 février 1985

Le 5 décembre 1978, elle joue, en première à Québec, le Concerto pour violon de Robert Schumann, avec l’OSQ,
sous la direction de James De Priest. On se rappelle encore l’interprétation émouvante qu’elle en a donnée, suivie d’une très longue ovation et d’un rappel composé par sa fille Natalie.

«La soliste de ce concert, la violoniste d’origine française mais maintenant Québécoise, Liliane Garnier-Le Sage avait la tâche ingrate de défendre le Concerto en ré mineur de Schumann... Mme Garnier-Le Sage a mis toute la sûreté et la dextérité de son jeu, la souplesse et la solidité de son archet, la qualité sinon l’ampleur de sa sonorité, au service d’une interprétation impeccable...»

Marc Samson, Le Soleil, le 6 décembre 1978

De 1967 à 1993, Liliane Garnier est invitée tous les ans à jouer en soliste, à l’émission Récital et à l’émission Orchestre de Chambre de Radio-Canada: émissions où elle a créé des œuvres  de Jacques Hétu, Jean Papineau-Couture, Jane Coulthard et Natalie Le Sage.


De 1968 à 1971, elle est membre du Trio de Québec composé de Ross Pratt pianiste, Liliane Garnier, violoniste et Traugott Schmöhe, violoncelliste. Jusqu’au retour de ce dernier dans son pays, l’Allemagne, le Trio de Québec jouera des œuvres aussi importantes que : Haydn, Beethoven, Brahms, Dvorak, Mendelssohn, Mozart, Schubert, Schumann, Chostakovitch, etc, dont le triple Concerto de Beethoven avec l’Orchestre de Radio-Canada, sous la direction de François Bernier.

Liliane Garnier est aussi l’invitée des Concerts Couperin où, entre autres œuvres, elle joue les quatre Saisons d’Antonio Vivaldi sous la direction de Sylvio Lacharité et le double concerto de Joseph Haydn avec sa fille Natalie Le Sage, pianiste, sous la direction de Jean-Michel Boulay. Le 28 avril 1968, ce sont les œuvres de Webern, Berg, Serge Garant, Jean Papineau-Couture et Jacques Hétu qui sont jouées par Liliane Garnier au violon, Jean Laurendeau à la clarinette et aux ondes Martenot, et Louis-Philippe Pelletier au piano.

Liliane Garnier a fait équipe avec les artistes aussi réputés que :

Philippe Entremont, Tasso Janopoulo, France Clidat, Jean-Marie Londeix, Ricardo Zugaro, Jean-Paul Sévilla, Monique Frasca-Colombier, Liliane Béguin, Françoise Onfroy, Fernande Desprez, Jean-Pierre Rampal, Anna-Marie Globenski,  Mireille Lagacé, Jean Laurendeau, Louis-Philippe Pelletier,  Kenneth Gilbert, Rachel Martel, Roger Cantin, Donald Thompson, Lucie Langevin, Ross Pratt, Traugött Schöme, Scott Ross, Jacques Simard, et Martin Le Sage.

Les violons joués par Liliane Garnier sont un Joseph Guarnerius prêté par un mécène de Paris jusqu’en 1956 et, par la suite, un Giuseppe Gagliano 1779, jusqu’en 1972. Depuis elle joue un violon Paul Kaul appartenant à la Collection Garnier-Le Sage.

    


Après cinquante années d’une carrière bien remplie (1953 à 2003), Liliane Garnier s’est retirée des activités professionnelles, ce qui lui laisse plus de temps pour elle-même et sa famille, et ne l’empêche pas de continuer à se faire plaisir en musique.

Liliane Garnier siège présentement comme présidente du Conseil d’administration de «Fondation Garnier-Le Sage», pour laquelle, en raison de ses compétences, elle contribue grandement à  l’évolution des objectifs de la fondation.


Discographie